Les lieux de tournage de la Riviera ne sont pas tous là où on les attend. Le village du début du Gendarme de Saint-Tropez se trouve dans l’arrière-pays niçois, et la plus belle poursuite de James Bond se suit à pied dans les escaliers de Menton. Voici les décors de films que vous pouvez réellement visiter, du Var à Monaco.

Mis à jour en octobre 2026

L’essentiel

  • Où : Le Castellet, Saint-Tropez, Cannes, Antibes, l’arrière-pays niçois, Nice, Villefranche, Menton et Monaco.
  • Quand : toute l’année ; hors saison pour les rues de Saint-Tropez et de Menton.
  • Accès : lieux publics (places, ports, ruelles), un musée et un fort ; les villas privées ne se visitent pas.
  • Pour qui : cinéphiles, familles fans de Louis de Funès, amateurs de James Bond.

Le Castellet : La Femme du boulanger (1938)

Marcel Pagnol a tourné La Femme du boulanger en 1938 au Castellet, village fortifié au milieu des vignes de Bandol. Raimu y joue Amable Castanier, le boulanger abandonné par sa femme. Des scènes ont été filmées sur la place de l’Ormeau.

Le village, classé parmi les Plus Beaux Villages de France en 2022, a gardé ses ruelles et ses remparts. La place se reconnaît sans peine.

  • Accès : stationnement payant ou partiellement payant ; en été, la navette Esti’Bus relie la côte au village.

Saint-Tropez : Et Dieu… créa la femme (1956)

Tourné du 3 mai au 7 juillet 1956, le film de Roger Vadim a fait de Brigitte Bardot une star mondiale. Le port de Saint-Tropez en est le décor principal. Les extérieurs ont aussi été filmés à Gassin, La Croix-Valmer et Ramatuelle. Les intérieurs, eux, ont été tournés aux studios de la Victorine, à Nice.

Face à Bardot, Curd Jürgens, Jean-Louis Trintignant et Christian Marquand. Le film fait près de 3,9 millions d’entrées en France, malgré une partie des scènes de nu censurée. Il a même eu droit à un remake américain en 1988.

Le port a changé, mais la ligne des façades colorées reste celle du film. Pour la retrouver sans la foule, venez avant l’ouverture des terrasses.

Saint-Tropez : Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) et son musée

Jean Girault tourne en 1964 le premier volet de la saga avec Louis de Funès. Les extérieurs de la gendarmerie sont ceux de la vraie brigade, place Blanqui. Le bâtiment, occupé par les gendarmes de 1879 à 2003, est devenu le musée de la Gendarmerie et du Cinéma.

Le musée suit trois fils : l’histoire de la gendarmerie à Saint-Tropez, celle du cinéma dans la ville, et la saga des Gendarmes. Costumes, accessoires, véhicules, affiches… On peut ouvrir des tiroirs, taper à la machine à écrire et s’asseoir dans une voiture d’époque. Le parcours se manipule autant qu’il se regarde : une bonne visite en famille.

  • Adresse : 2, place Blanqui, Saint-Tropez.
  • Autres décors du film : le port (défilé final), la place des Lices, la porte du Revelen, la place des Remparts.
  • Plage : les scènes naturistes, la pêche aux oursins et la partie de boules sous les pins ont été tournées du côté de la plage de Tahiti.
  • La villa du film : l’hôtel La Pinède, sur la plage de la Bouillabaisse, a servi de villa aux Boiselier.
  • Studio : les intérieurs ont été tournés à la Victorine, à Nice.
  • Horaires et tarifs : à vérifier auprès de la mairie de Saint-Tropez.

Le conseil Secret Riviera : les scènes du village du début du film, avant la mutation de Cruchot, n’ont pas été tournées dans le golfe, mais à Belvédère, dans l’arrière-pays niçois, au-dessus de la vallée de la Vésubie. Une étape tranquille, loin de la foule tropézienne.

Le Lavandou : Bonjour tristesse (1958)

Otto Preminger adapte Françoise Sagan à l’été 1957. Le décor principal est la villa La Fossette, au Lavandou, nichée sur une crique avec une piscine taillée dans le rocher. C’est une propriété privée : elle ne se visite pas.

Le film a aussi été tourné en extérieur à Saint-Tropez et à Monte-Carlo. Pour retrouver son atmosphère, longez plutôt les criques publiques du Lavandou.

Cannes : Mélodie en sous-sol (1963)

Henri Verneuil réunit Jean Gabin et Alain Delon pour un casse au casino. La fin du film se joue au Palm Beach, place Franklin-Roosevelt, à l’extrémité est de la Croisette. Les résidences où séjourne le personnage de Delon se trouvent sur le boulevard de la Croisette.

  • Balade : remontez la Croisette à pied jusqu’à la pointe du Palm Beach, en fin de journée.

L’arrière-pays niçois : La Main au collet (1955)

Alfred Hitchcock tourne à l’été 1954 l’histoire d’un ancien cambrioleur, joué par Cary Grant, face à Grace Kelly. C’est son dernier film avec Hitchcock. Le tournage s’est déroulé à Cannes, Nice, Villefranche-sur-Mer, Saint-Jeannet et Tourrettes-sur-Loup.

Saint-Jeannet, adossé à son baou, et Tourrettes-sur-Loup, perché sur sa falaise, se visitent en une demi-journée. Petit jeu pour les fans : Hitchcock apparaît vers la dixième minute, assis à côté de Cary Grant dans un bus.

Contrairement à la légende, Grace Kelly n’a pas rencontré le prince Rainier pendant ce tournage. La rencontre a eu lieu près d’un an plus tard, au festival de Cannes 1955.

Nice : la Victorine et La Baie des Anges (1963)

Les studios de la Victorine ont été créés en 1919 par Louis Nalpas et Serge Sandberg, sur un ancien domaine horticole. Marcel Carné y a tourné Les Enfants du paradis entre 1943 et 1944. Jacques Tati y a tourné une partie de Mon oncle (1958), et François Truffaut y a filmé La Nuit américaine en 1973, un film sur le cinéma lui-même. Le studio a aussi accueilli les intérieurs d’Et Dieu… créa la femme et du Gendarme de Saint-Tropez. La ville de Nice gère le site depuis 2017 ; les possibilités de visite sont à vérifier auprès de la mairie.

Dans La Baie des Anges, Jacques Demy filme Jeanne Moreau en joueuse invétérée, autour des tables de jeu d’un casino niçois. La promenade face à la baie suffit à retrouver l’ambiance du titre.

Antibes : le fort Carré, de Guitry à James Bond

Posé sur un rocher de la presqu’île Saint-Roch, à environ 26 m au-dessus de la mer, le fort Carré a servi de décor à plusieurs films : Les Quatre Sergents du fort Carré (1951), le Napoléon de Sacha Guitry (1955) et Jamais plus jamais (1983), le retour de Sean Connery en James Bond.

  • Visite : racheté par la ville d’Antibes en 1997, le fort est ouvert au public depuis 1998, avec un musée sur place depuis 2007.
  • Horaires et tarifs : à vérifier auprès de la ville d’Antibes.

Menton, Villefranche et Monaco : la Riviera de James Bond

Jamais plus jamais, réalisé par Irvin Kershner, a fait de Menton un terrain de poursuite. Les scènes ont été tournées dans la vieille ville : rue des Logettes, montée du Souvenir, parvis de la basilique Saint-Michel-Archange et tunnel Pascal-Molinari. Le film passe aussi par la Maison Rouge de Villefranche-sur-Mer et le casino de Monte-Carlo.

Monte-Carlo reste une valeur sûre pour l’agent 007 : les scènes de casino de GoldenEye (1995) y ont aussi été tournées, tout comme la démonstration de l’hélicoptère Tigre. Le casino se découvre depuis la place, sans entrer dans les salles de jeu.

Le conseil Secret Riviera : refaites la poursuite de Jamais plus jamais à pied, à Menton. Partez de la rue des Logettes, grimpez la montée du Souvenir et terminez sur le parvis de la basilique Saint-Michel, d’où la vue plonge sur la mer. Tôt le matin, les escaliers sont plus calmes et la lumière plus douce.

La Turbie et Nice : la poursuite de Ronin (1998)

John Frankenheimer a tourné à Nice et à La Turbie la première grande poursuite automobile de Ronin, avec Robert De Niro. L’embuscade du convoi se situe à Villefranche-sur-Mer. Les routes au-dessus de Monaco restent spectaculaires ; respectez les limitations : elles sont étroites et très fréquentées.

Où dormir à proximité

Pour un circuit cinéma, deux bases suffisent : le golfe de Saint-Tropez (Gassin, Ramatuelle, Grimaud) pour Bardot et les Gendarmes, et Nice ou Menton, bien reliées par le train, pour Hitchcock, James Bond et la Victorine.

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