Sur la Riviera, les plus beaux jardins ne sont pas toujours les plus fréquentés. Certains sont gratuits mais fermés le week-end, d’autres ne s’ouvrent qu’en visite guidée, quelques-uns seulement pendant le mois des jardins de Menton. Voici 12 jardins réellement visitables, d’Hyères à la frontière italienne, avec la bonne saison pour chacun.

Mis à jour en octobre 2026

L’essentiel

  • Où : d’Hyères à Menton, avec un détour par le pays de Grasse.
  • Quand : de février à juin pour les floraisons ; l’hiver pour les agrumes et les plantes succulentes.
  • Accès : la plupart des jardins sont accessibles en bus ou en train ; plusieurs sont gratuits.
  • Pour qui : amateurs de botanique, photographes, familles en quête d’ombre et de calme.

1. Le Plantier de Costebelle, à Hyères

Un jardin privé, labellisé « Jardin remarquable », créé en 1857 par la baronne Pauline Husson de Prailly. Les palmiers du Chili y côtoient des arbousiers de Chypre. La reine Victoria y séjourna cinq semaines en 1892, et l’écrivain Paul Bourget s’y installa à partir de 1896.

  • Visite : uniquement sur réservation, guidée par les propriétaires (environ une heure).
  • Le petit plus : des tortues d’Hermann, espèce protégée, circulent librement dans les allées.
  • Période idéale : le printemps.

2. Le parc Sainte-Claire, à Hyères

Ce jardin en terrasses d’environ 6 500 m² domine la rade d’Hyères. La romancière américaine Edith Wharton vécut dans la villa de 1927 à 1937. La maison, bâtie par Olivier Voutier, l’officier qui découvrit la Vénus de Milo, abrite aujourd’hui le siège du Parc national de Port-Cros.

  • Accès : entrée libre, ouvert tous les jours, en plein centre-ville.
  • Le petit plus : un chemin piéton le relie au parc Saint-Bernard, sur la colline de la villa Noailles.
  • Période idéale : de mars à mai, et en fin de journée l’été pour la vue sur la rade.

3. Le Domaine du Rayol, à Rayol-Canadel-sur-Mer

Face aux îles d’Hyères, ce domaine de 20 hectares appartient au Conservatoire du littoral. Sur 7 hectares, le paysagiste Gilles Clément a composé le Jardin des Méditerranées. On y passe de la Californie au Chili, de l’Afrique du Sud à l’Australie et aux Canaries, au fil d’environ 5 km de sentiers.

  • Ouverture : tous les jours de l’année, sauf le 25 décembre.
  • Accès : parking gratuit devant le site, et un second à 400 m par la voie verte. En bus, ligne 878, arrêt à l’office de tourisme du Rayol, puis environ 15 minutes à pied.
  • Période idéale : le printemps pour les floraisons ; comptez au moins 1 h 30 de visite.

Le domaine propose aussi un sentier marin, des visites guidées et des soirées musicales l’été : le programme se consulte sur domainedurayol.org.

4. Les jardins du château de la Napoule, à Mandelieu-La Napoule

Plus de 4 hectares au bord de la mer, dessinés au début du XXe siècle par Marie Clews autour d’un château néo-médiéval. Fontaines, topiaires et sculptures contemporaines ouvrent sur la baie de Cannes. Le jardin est labellisé « Jardin remarquable ».

  • Accès : gare et arrêt de bus à moins de 500 m.
  • Le petit plus : des artistes y exposent régulièrement.
  • Période idéale : le jardin se visite en toutes saisons ; venez au printemps pour les floraisons.

5. Les Jardins du MIP, à Mouans-Sartoux

Le conservatoire végétal du Musée international de la parfumerie de Grasse. Sur plus de 2 hectares, autour d’un ancien canal, on découvre en plein champ les plantes qui ont fait la réputation du pays de Grasse : rose centifolia, jasmin, tubéreuse, lavande, géranium, genêt, fleur d’oranger. Les collections aromatiques sont classées par familles d’odeurs, des agrumes aux notes musquées.

  • Label : « Jardin remarquable » depuis avril 2022.
  • Ouverture : vérifiez les périodes sur le site des musées de Grasse (museesdegrasse.com) avant de vous déplacer.
  • Période idéale : mai pour la rose centifolia, la fin de l’été pour le jasmin.

6. Le jardin botanique de la villa Thuret, à Antibes

Gustave Thuret y lança ses recherches en 1857. Propriété de l’État, gérés par l’INRAE, ses 3,5 hectares forment un jardin à l’anglaise où poussent environ 1 000 espèces d’arbres et d’arbustes exotiques. Les plantes y sont étudiées face au changement climatique. George Sand le tenait pour le plus beau jardin qu’elle ait vu.

  • Ouverture : du lundi au vendredi, fermé le week-end.
  • Accès : visite individuelle gratuite. Bus ligne 2, arrêt « Empel ».
  • Période idéale : toute l’année, avec une préférence pour le printemps et l’automne, plus doux pour la marche.

Le conseil Secret Riviera : la villa Thuret ouvre exceptionnellement le dimanche deux fois par an, lors des Rendez-vous aux jardins (premier week-end de juin) et des Journées européennes du patrimoine (troisième week-end de septembre). Le reste du temps, venez un jour de semaine : c’est gratuit et souvent désert.

7. La villa Ephrussi de Rothschild, à Saint-Jean-Cap-Ferrat

Neuf jardins se succèdent autour de la villa : espagnol, florentin, lapidaire, japonais, exotique, provençal, à la française, jardin de Sèvres et roseraie. Bassins, cascades et colonnades rythment la visite.

  • Ouverture : tous les jours, avec des horaires qui varient selon la saison.
  • Accès : parking gratuit à l’entrée ; bus Ligne d’Azur 15, arrêt « Passable Rothschild ». Réservation possible sur villa-ephrussi.com.
  • Période idéale : avril-mai pour la roseraie, la rose étant la fleur préférée de la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild.

8. Le jardin exotique d’Èze

Accroché à 429 m d’altitude dans les ruines de la forteresse médiévale, au sommet du village. Cactus, aloès et agaves venus d’Amérique centrale et d’ailleurs côtoient les sculptures de Jean-Philippe Richard. Le panorama file jusqu’à Saint-Tropez, et jusqu’à la Corse par temps clair.

  • Accès : bus 82 ou 602 depuis Nice, ou 83 depuis Beaulieu-sur-Mer via la gare d’Èze-sur-Mer.
  • Le petit plus : un « espace zen » avec transats face à la mer.
  • Période idéale : l’hiver, par temps sec et clair, quand la vue porte le plus loin.

Pour monter à pied depuis la mer, le chemin de Nietzsche part du bord de mer, à deux cents mètres de la gare.

9. Le jardin du palais de Carnolès, à Menton

Autour de l’ancienne résidence d’été des princes de Monaco, un hectare d’agrumes : 137 variétés d’orangers, de bigaradiers, de citronniers, de kumquats et de pomelos. La collection est reconnue comme collection nationale.

  • Accès : libre et gratuit, tous les jours. À l’entrée de Menton en venant de Monaco, gare et bus à moins de 500 m.
  • Période idéale : de décembre à mars, quand les arbres sont chargés de fruits.

10. Le jardin botanique du Val Rahmeh, à Menton

Un hectare et demi d’allées ombragées, de fontaines et de bassins, rattaché au Muséum national d’Histoire naturelle. Environ 1 700 taxons y poussent, dont des plantes alimentaires, médicinales et « magiques ». On y conserve le Sophora toromiro, arbre disparu à l’état sauvage sur l’île de Pâques.

  • Ouverture : toute l’année, fermé le mardi.
  • Accès : gare et bus à moins de 500 m.
  • Période idéale : l’été pour les lotus et les nymphéas du bassin.

11. Le jardin Maria Serena, à Menton

Au bord de la mer, près de la frontière italienne, ce jardin est réputé le plus tempéré de France. Il abrite une importante collection de palmiers et de cycas, ainsi qu’un dragonnier. La villa, de 1886, aurait été construite sur des plans de Charles Garnier.

  • Visite : uniquement en visite guidée, sur réservation auprès de la direction des jardins d’exception de Menton.
  • À savoir : fort dénivelé et nombreuses marches.
  • Période idéale : l’hiver, quand le microclimat fait toute la différence.

12. La Serre de la Madone, à Menton

Le major britannique Lawrence Johnston, déjà créateur du jardin d’Hidcote en Angleterre, a aménagé ces terrasses entre 1924 et 1939. Le jardin, classé monument historique et labellisé « Jardin remarquable », appartient au Conservatoire du littoral. Il conserve trois collections nationales : Araliacées, Pittosporacées et Protéacées.

  • Ouverture : du mardi au dimanche, d’avril à octobre puis de janvier à mars ; fermé le lundi et en novembre-décembre.
  • Accès : route du Val de Gorbio, arrêt de bus à moins de 500 m. Visites guidées réservables auprès de l’office de tourisme de Menton.
  • Période idéale : le printemps.

Le conseil Secret Riviera : à Menton, les jardins privés des Colombières, créé par Ferdinand Bac, et du Clos du Peyronnet ne s’ouvrent qu’en visite guidée, organisée par l’office de tourisme pendant le Festival et le Mois des jardins. Le jardin Fontana Rosa, avec ses céramiques à l’effigie de grands écrivains, se visite lui aussi uniquement accompagné. Surveillez le programme de l’office de tourisme.

Où dormir à proximité

Pour enchaîner les jardins mentonnais, posez vos valises à Menton ou à Roquebrune-Cap-Martin. Hyères et Le Lavandou conviennent pour le Rayol et les jardins varois, Antibes ou Cannes pour Thuret, La Napoule et le pays de Grasse. Chambres d’hôtes en villa ancienne et petits hôtels de centre-ville permettent de tout faire en train et en bus.

À lire aussi